Idées | Arborescence des thèmes de la science-fiction : Explication de texte | HuffPost

Olivier Parent Commentaires fermés sur Idées | Arborescence des thèmes de la science-fiction : Explication de texte | HuffPost
Idées | Arborescence des thèmes de la science-fiction : Explication de texte | HuffPost

Article parût dans le Huffington Post : Arborescence simplifiée des thèmes de la science-fiction

La science-fiction a une trajectoire des plus étonnantes dans l’histoire des arts. C’est sûrement ce qui fait qu’il n’est pas simple, pour le néophyte, de se plonger dans cet univers, en essayant de partir à la découverte d’autre chose que les « blocbusters » ! C’est pour cela qu’à été créé «l’Arborescence simplifiée des thèmes de la science-fiction », image présentée en illustration de cet article.

La science-fiction, née sous la forme de fables philosophiques avec, par exemple, l’Utopia de Thomas More, popularisée par un Jules Verne au moment de la révolution industrielle, dénigrée suite à sa traversée de l’Atlantique où on l’a vu se coucher dans les pages de mauvais papier des « pulp fictions », elle renaît de ses cendres, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, portée par des auteurs tels qu’Isaac Asimov… Elle avait commencé à acquérir ses lettres de noblesses, dans les années 20, avec des œuvres telles que la pièce de théâtre R.U.R de Karel Capek, inventeur (avec son frère Josef) du mot robot, dérivé de robota, la corvée en tchèque (en ancien slave, rob signifie esclave) ou le film Métropolis de Fritz Lang. Aujourd’hui, genre littéraire, cinématographique ou de la bande dessinée à part entière, la science-fiction a su coloniser les nouveaux médias que sont les jeux vidéo. La science-fiction, au travers de la créativité aussi bien que la rigueur conceptuelle que s’imposent, depuis des décennies, toute une armée d’auteurs qui ne sont plus majoritairement anglophones (la Chine, par exemple, compte des talents tels que Liu Cixin) est devenue un genre majeur qui ne cesse d’étonner les passionnés et ses détracteurs.

Pour mémoire, la science fiction a aussi été longtemps considérée comme un sous-genre, avec une forte connotation péjorative, sûrement due au fait qu’à son arrivé en France le nom « science-fiction » a été compris comme un genre dans laquelle la science était fictionnelle alors, que pour les américains, inventeurs du terme, il dit : fictions dans lesquelles interviennent les sciences. La science-fiction a aussi longtemps été affaire de connaisseurs (avec une notion quasi initiatique), affaire d’experts, de fans, d’aficionados… Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. D’autant moins que, le corpus d’œuvres fournissant un fond d’étude des plus consistants et en perpétuelle évolution, désormais, la science-fiction est lue et relue telle une source d’éclairages pour les temps à venir. Cette démarche est comme une forme de « rétro-futurisme universitaire » qui cherche à comprendre comment ces récits racontent les fantasmes d’une époque pour son avenir tout en étant, au travers de chaque proposition qu’est une œuvre, une tentative d’anticiper une branche de l’avenir. Ainsi, nombre de textes de science fiction sont relus, aujourd’hui, en leur prêtant une valeur quasi prophétique (peut-être à tort…). On peut penser à 1984 de George Orwell, Minority Report de Philip K. Dick ou bien encore à la Servante Écarlate de Margaret Atwood.

La science fiction donne surtout de la consistance, du « story telling », à une discipline dont on parle de plus en plus : la prospective. La prospective consiste à projeter dans des avenirs spéculatifs une problématique contemporaine, en justifiant, en assujettissant la construction de ces écosystèmes hypothétiques à des postulats ancrés dans la réalité. Arrivé dans ces avenirs, on peut s’attarder à une observation des diverses conséquences issus de ces constructions arbitraires, dans une forme d’expérience de pensée (démarche qui a fait ses preuves dans l’histoire des sciences). Les postulats choisis peuvent être des faits scientifiques, économiques, sociaux, comportementaux… la prospective devient ainsi une aide à la décision, au sein des organisations. Pour la petite histoire, Robert Heinlein, célèbre auteur de SF américain a été conseiller de Ronald Reagan, du temps de la « guerre des étoiles ». Et, aujourd’hui, nombre d’entreprises intègrent cette approche de la complexité dans leurs démarches stratégiques. Mais elle peut être autre chose qu’une discipline experte : la prospective devient alors une posture intellectuelle qui oblige à sortir des ornières du présent… posture accessible à tout un chacun.

Alors, afin de nourrir son imaginaire et sa réflexion, on peut se plonger sur le champ des œuvres de science-fiction produites au cours des siècles (même si la majorité des œuvres de SF on moins de 100 ans)… et ressentir un léger étourdissement ! Car dans la demeure SF, il y a nombre de maisons. On peut ainsi distinguer l’anticipation de l’heroic fantasy, le space opera de la dystopie, le voyage dans le temps des uchronies… en faisant l’impasse sur tous les sous-genres nés des esprits fertiles des auteurs de science-fiction. Autant le dire : il n’est pas simple de s’y retrouver !

En illustration de cet article est proposé un organigramme. C’est l’Arborescence simplifiée des thèmes de la science-fiction. Il s’agit d’une démarche qui consiste à organiser le long des sept branches d’un arbre des œuvres issues de toutes les formes d’expression qui ont « adoptées » la science fiction : romans, films, séries télé, théâtre, bande dessinée, comics et manga et, pour finir, jeux vidéo (bien que cette forme d’expression mérite un travail plus approfondi de la part de l’auteur de cet organigramme). Cette démarche est sûrement vaine car une telle arborescence ne pourra jamais recenser toutes les œuvres produites et elle est aussi présomptueuse car elle cherche à organiser chronologiquement ces œuvres les unes par rapport aux autres… Enfin, elle est la projection de la culture de son auteur initiale, qui n’est qu’humain. Trois postulats de travail qui, à n’en pas douter, feront des mécontents… Cependant, cette arborescence est plus que tout cela. C’est aussi un travail collectif : depuis un an que l’arborescence existe, elle a été mise à disposition des internautes et elle s’est nourrie de suggestions en provenance des réseaux sociaux. En un an, l’arborescence a vu doubler le nombre d’œuvres qu’elle cherche à répertorier, sans pour autant tendre vers l’exhaustivité.

Alors, laissez-vous aller à la sérendipité : parcourez les branches de cette arbre de la science-fiction et découvrez des œuvres étonnantes. Redécouvrez-en d’autres que vous avez lu il y a longtemps, trop longtemps, même ! Proposez vos œuvres en commentaire, sur cette page… Et regardez le monde à la lumière de ces univers qui, repoussant les limites du réel, lèvent le voile sur les avenirs que chacun nous construisons au travers de nos actes, de nos choix quotidiens.

Bons voyages !

 

Pour nous indiquer des modifications dans la carte, merci d’utiliser le compte Twitter @Arborescence_SF

A télécharger en pdf : ICI

Utilisation libre sans modification (mentions d’Olivier Parent et du Comptoir Prospectiviste.fr).

Liste des œuvres présentes dans l’arborescence (par ordre alphabétique des titres sans les articles)

Comments are closed.